MEDITATION et ENERGIE du SOUFFLE
Le yoga enseigne que le corps humain est animé par l’énergie universelle (nommée Prâna) qui est présente partout sous diverses formes : les aliments, les boissons, l’air, le magnétisme de la Terre et du Ciel, l’énergie spirituelle. Parmi toutes ces sources, c’est la respiration qui est considérée comme la plus importante. La preuve en est que quand la respiration disparaît seulement quelques minutes, la vie s’arrête, alors qu’on peut se priver d’aliments durant des semaines.
Mais c’est pour une autre raison que le yoga privilégie la respiration : c’est la seule fonction physiologique qui soit consciente et volontaire en plus d’être automatique. On respire habituellement sans y penser grâce au système nerveux autonome mais on peut aussi inspirer et expirer volontairement, rester en apnée, respirer sur un rythme de notre choix. Les yogis ont découvert que l’on pouvait ainsi apporter au corps une grande quantité d’énergie sans inconvénient, alors que si on prend de grandes quantités d’aliments, on obtient le résultat inverse. Mieux encore, les yogis ont découvert que l’esprit humain pouvait agir sur cette énergie, pour la capter, la stocker, la concentrer, et la distribuer à volonté.
On peut ajouter un grand avantage à cette fonction et donc à cette discipline, c’est qu’elle est accessible pratiquement à tous, y compris à un âge avancé. Tout le monde respire, tout le monde peut prendre conscience de sa respiration et l‘influencer, il y a très peu de problèmes d’aptitude physique. Il faut seulement pouvoir rester assis pendant un certain temps sans souffrir, ou surtout s’impatienter. La seule vraie condition requise est la motivation.
Sur ces principes s’est élaboré au fil des siècles le PRANAYAMA, la science de la respiration.
Ce mot est constitué de PRANA = énergie et de YAMA = maîtrise.
Donc Pranayama signifie contrôle de la respiration, mais aussi maîtrise de l’énergie.
Dans le yoga classique, le Pranayama constitue l’étape qui précède la MEDITATION : en effet il en constitue une excellente préparation. On peut même dire que le Pranayama est déjà en lui-même une forme importante de méditation du fait de son action puissante sur le mental : l’esprit accède facilement au calme et à la concentration, simplement déjà par l‘attention au souffle. C’est pourquoi la séance du cours se termine par une méditation qui s’avère ainsi plus facile.
L’apprentissage du PRANAYAMA se fait, pour simplifier, à 2 niveaux : le niveau physique et le niveau énergétique.
NIVEAU 1 : PRANAYAMA PHYSIQUE et MEDITATION
L’être humain civilisé a souvent perdu sa capacité naturelle à respirer. Nous ne sommes plus en contact avec la nature ni obligés de passer notre journée à courir après le gibier, à cueillir des fruits ou à cultiver la terre, activités qui nous obligeaient à bien respirer. Souvent nous ne sommes plus suffisamment actifs, mais quand nous le sommes, encore faut-il respirer correctement. De plus notre activité mentale permanente, les soucis, le stress, bloquent la respiration. Nous devons donc commencer par réapprendre à respirer.
L’apprentissage débute avec la prise de conscience de notre souffle. Il faut ressentir comment cela fonctionne chez nous et constater que l’on peut agir sur la fonction. Puis on rééduque la respiration abdominale, c’est-à-dire qu’on remet en marche notre diaphragme, muscle inconscient mais vital. Ensuite on développe la capacité respiratoire en ouvrant les zones thoracique et haute pour aboutir à la respiration dite complète qui ventile la totalité des poumons. Cette respiration peut s’effectuer de diverses manières, de haut en bas ou de bas en haut, il faut apprendre ces deux modes qui ont des effets différents.
Mais il faut aussi que cette respiration ne soit pas mécanique et contrainte volontairement, il faut du temps pour qu’elle devienne vaste, aisée, régulière, lente, fine, détendue, agréable.
Certains exercices complémentaires nous aident à atteindre ce résultat : des mouvements coordonnés à la respiration, des exercices spécifiques appelés bandhas ou contractions localisées, des positions de certaines parties du corps, par exemple les doigts, appelées mudras.
La position et le ressenti du corps jouent sur la respiration et sur l’esprit, il faut donc s’intéresser aussi à la recherche de la bonne posture, variable pour chacun, qui doit réunir certaines qualités : confort, tonicité, position du dos et du bassin… Une préparation physique à la posture peut être proposée en début de séance : mouvements, travail sur hanches, bassin, chevilles, dos.
L’esprit joue un rôle prépondérant dans cette évolution : peu à peu se développent l’attention, la concentration, l’état de présence, la clarté mentale, mais aussi la détente, le calme, la paix. L’état mental est en lien direct avec la respiration :
respiration désordonnée = esprit agité, respiration calme et lente = esprit calme et reposé.
Sur la base d’une bonne respiration on peut explorer le domaine des rythmes en ralentissant globalement l’inspiration et l’expiration puis en modulant la durée de chacune des 4 phases : inspiration, expiration, mais aussi suspension poumons pleins et suspension poumons vides. Chaque rythme a des effets spécifiques, allant dans le sens de la détente, ou de la tonification, ou de l’harmonisation. On développe très progressivement la capacité de suspension (apnée), souvent utilisée ensuite dans le niveau 2. Parmi ces rythmes figure la respiration dite de cohérence cardiaque, qui connait un grand succès médiatique. C’est un rythme très accessible qui permet (comme le pranayama en général) de régulariser le rythme cardiaque et de dissiper le stress. Un autre rythme connu est la respiration carrée qui égalise les 4 temps du souffle. Certains exercices permettent une suroxygénation temporaire du sang apportant un surcroit d’énergie et facilitant la clarté mentale.
LA MEDITATION
Objectifs du premier niveau : se recentrer, réduire l’énergie dans le mental au profit de l’énergie vitale dans le bas du corps, favoriser le calme de l’esprit, trouver sa posture et pouvoir la conserver un certain temps sans souffrir ni s’ennuyer ou s’impatienter. Le temps de pratique statique est progressif.
Les pratiques méditatives sont nombreuses. Elles sont choisies en fonction des besoins, des souhaits et des possibilités du groupe. La première pratique est bien-sûr la méditation sur le souffle, grande base de toutes les écoles de méditation, et elle peut prendre de nombreuses formes. Elle peut aussi se centrer sur la conscience du corps, globale ou sur certaines zones précises, par exemple les mains ou certains organes. La conscience du corps peut se focaliser sur le travail dit d’ancrage, de rééquilibrage « entre la tête et le ventre ». Elle peut aussi concerner un travail sur les 5 sens, ou se faire en dynamique, debout ou en marchant. Des exercices spécifiques de concentration sont utiles, comme aussi une approche de la visualisation, moins difficile qu’on le croit souvent. Des images, des sons, des mots, des phrases, peuvent servir de support (mantras, sankalpas). La pratique du sourire intérieur est agréable et très bénéfique. On peut aussi s’initier à l’observation des pensées et des émotions et approcher l’état de témoin, de prise de recul, favorisant le bien-être et la sérénité.
BENEFICES du PRANAYAMA PHYSIQUE et de la MEDITATION
– Rétablir une fonction respiratoire normale et éliminer les effets de la sous-oxygénation chronique courante : manque de vitalité, fatigue, mauvais sommeil, mauvaise digestion, esprit manquant de clarté parfois… Réduire les risques ou l’intensité de certaines affections de l’arbre respiratoire, la fréquence des rhumes… Certains exercices de nettoyage améliorent encore cette résistance.
– Améliorer le fonctionnement du système digestif, notamment de l’intestin, par le massage des organes abdominaux réalisé par l’action du diaphragme et par les exercices appelés bandhas. Certains exercices permettent aussi de tonifier la sangle abdominale et d’avoir un petit effet minceur.
– Certains types de respirations avec bandhas entretiennent la conscience et la tonicité du périnée, contribuant ainsi à prévenir les problèmes d’incontinence, notamment urinaires, qui sont de plus en plus fréquents.
– Le cœur et la circulation sont influencés favorablement par les mouvements respiratoires et l’effet de la respiration sur le cœur. Il est prouvé que le cœur bat plus calmement quand la respiration est lente et régulière.
– De même le système nerveux est régulé et apaisé, le fonctionnement du sympathique est harmonisé, ce qui agit sur les fonctions automatiques du corps et réduit le poison du stress et de ses nombreuses conséquences. La qualité du sommeil souvent s’améliore.
– Dans tous les exercices où le souffle n’est pas observé mais dirigé, le mental est mobilisé et l’attention aisée à focaliser ; on évite ainsi plus facilement les écueils habituels de la méditation : distraction, ennui ou impatience, assoupissement.
– A la fin d’une pratique, on se sent à la fois apaisé, détendu, mais aussi rechargé en énergie, l’esprit calme et clair. Avec une pratique régulière cet état peut être conservé en partie au cours de la journée. Les difficultés à affronter sont abordées avec plus de calme, de recul, de lucidité. Les émotions négatives se réduisent. Les capacités obtenues en cours peuvent être transposées dans le quotidien afin de se détendre, de récupérer, de se préparer à un moment difficile, de dissiper un stress…
À noter que la séance peut être enregistrée et envoyée aux personnes qui le souhaitent en vue d’une pratique personnelle.
NIVEAU 2 : PRANAYAMA et MEDITATION ENERGETIQUES
Aborder le niveau 2 suppose qu’on a acquis les bases du niveau 1. Dès que l’on a obtenu la capacité de respirer correctement, c’est-à-dire avec un souffle : vaste, complet, sans tension, aisé, fluide, régulier, sans saccades, lent et paisible, on peut commencer à se sensibiliser à la dimension de PRANA, l’énergie universelle présente dans l’air que l’on respire.
Cela passe d’abord par l’affinement de la conscience du souffle dans les narines puis dans le corps. Il s’agit de ressentir (chacun à sa façon) non seulement l’air mais petit à petit la dimension énergétique du prana, une sorte de magnétisme.
Parallèlement on poursuit l’exploration des rythmes de la respiration : elle peut comporter des temps de suspension (apnée) poumons pleins ou vides. À chaque phase physique du souffle est attribuée une fonction précise sur le plan de l’énergie : l’inspiration est une prise consciente d’énergie, l’apnée à plein une concentration de cette énergie, l’expiration l’envoi de cette énergie sur la zone choisie.
La pratique des bandhas (contractions) et des mudras (gestes) facilite le contrôle du processus.
La concentration et la visualisation deviennent fondamentales à ce stade, on ne peut pas utiliser ou ressentir l’énergie en étant distrait.
Certains mantras (sons, mots, formules) peuvent être utilisés, vocalement ou mentalement, pour leur apport en termes de concentration ou pour leurs qualités énergétiques.
La progression comporte un enseignement théorique et surtout pratique sur la constitution de l’être humain et sur son rapport avec l’univers. Pour le yoga le corps physique est animé par un double subtil nommé corps de l’énergie. Ce corps subtil comprend notamment des centres d’énergie appelés chakras (chakra = roue, vortex) et des vaisseaux comparables aux vaisseaux sanguins, les méridiens et les nadis. Le pranayama énergétique permet d’apporter de la vitalité à ces structures en fonction des besoins ou des objectifs de la séance. Comme elles se situent aussi dans le corps physique, il n’est pas nécessaire d’adhérer à la théorie, c’est la pratique qui permettra progressivement de les ressentir.
Le travail énergétique aborde aussi notre relation à l’univers en découvrant et en utilisant l’énergie que nous recevons de la Terre et du Ciel par notre corps physique et par les chakras. Cela permet de se sensibiliser aux deux polarités de l’énergie cosmique dans laquelle nous baignons, polarités semblables à celles de l’électricité. Cette dualité est symbolisée dans le yoga par le Soleil, polarité positive nommée HA, et par la Lune, polarité négative nommée THA. D’où le nom du HA-THA YOGA. Cette polarisation de l’énergie existe à l’intérieur du corps et permet la circulation et les échanges qui sont nécessaires à la vie. Le pranayama et la méditation, en plus du yoga, permettent d’équilibrer ces deux polarités, ce qui conduit à un état harmonieux dans le corps et l’esprit.
LA MEDITATION
À ce niveau le pranayama et la méditation tendent à se confondre. L’harmonie et le surcroit d’énergie apportés par le pranayama permettent d’entrer naturellement et aisément dans l’état de méditation, il suffit alors d’orienter l’esprit sur l’objectif choisi.
Les objectifs possibles de la méditation sont nombreux. On peut viser l’approfondissement de l’état de calme, de bien-être, de sérénité, la prise de recul avec l’état de Témoin. D’autre part, l’amélioration de la vitalité générale, la prise de conscience de nos structures subtiles, l’apport d’énergie aux chakras ou à certains organes, le développement de certaines qualités comme par exemple la bienveillance, ou l’atténuation de certaines difficultés personnelles…
On peut aussi aller vers un but plus spirituel comme la relation harmonieuse avec l’univers, l’activation progressive de l’énergie dite de l’Eveil, l’approche de notre être profond que le yoga appelle le Soi. Dans cette pratique on s’imprègne peu à peu des qualités de cet être profond qui sont : SAT = se sentir véritablement être – CHIT = conscience élargie – ANANDA = bien-être, bonheur, joie sans objet
Le cours propose également une approche de textes qui présentent un intérêt particulier pour la démarche. Il s’agit des YOGA SUTRAS de Patanjali, qui est le texte de référence du yoga classique, et de l’ADVAITA, un sommet de la philosophie indienne qui est assez proche du yoga. Ces textes apportent un cadre de réflexion sur notre façon d’envisager la vie et la pratique. Après avoir découvert le texte ou le verset, un commentaire puis des pistes d’auto-questionnement sont proposées, puis une courte méditation sur le thème, et enfin un temps de partage. Le texte et les questions sont envoyés aux participants afin qu’ils puissent poursuivre leur réflexion.
À noter que la séance technique peut être enregistrée et envoyée aux personnes qui le souhaitent en vue d’une pratique personnelle.
BENEFICES COMPLEMENTAIRES DU NIVEAU 2 par rapport au niveau 1
Ils apparaissent assez évidents après cette présentation :
– Amélioration supplémentaire du niveau général de vitalité, facteur de prévention de nombreuses affections physiques ou psychologiques.
– Connaissance plus fine de soi-même.
– Effet puissant sur l’esprit et le système nerveux : développement du calme, de la maitrise de soi, du discernement, de la lucidité, de la capacité à prendre du recul.
– Capacité à instaurer en soi des états de bien-être, des émotions positives, contribuant à compenser ou éliminer les traces des vécus négatifs dans le corps. Capacité à récupérer, à évacuer le stress résultant des évènements habituels de la vie.
– Contribution à la réflexion personnelle sur l’existence et sur soi-même.
– Richesse des échanges sur les textes dans un esprit d’écoute, de respect, de bienveillance, d’évolution en commun.
– Contribution efficace à la vie spirituelle, à la recherche de notre être profond ou de la transcendance.
